De la préservation de nos racines à la récolte d'une vie saine

Montréal, le vendredi 30 septembre, 2011


Communauté métropolitaine de Montréal

Plan Métropolitain d'Aménagement et de Développement

pour la promotion d'une vision commune : La ceinture verte et bleue du Grand Montréal

De la préservation de nos racines à la récolte d'une vie saine

La Famille œuvre à faire reconnaître la culture autochtone, à Montréal et au Québec, comme une partie fondamentale de notre identité, de notre mémoire collective et de notre héritage culturel commun. Les premiers européens n'auraient pas survécu à leur premier hiver, sur l'Île de la Tortue, sans le secours et les connaissances de nos frères amérindiens. Aujourd'hui, nous prenons pour acquis ce qu'ils nous ont transmis, alors que chaque nouvel arrivant, enfant ou immigrant devrait bénéficier de ces enseignements. Et c'est ce qui ferait de lui, un québécois à part entière. La ville de Montréal et le Québec sont riches d'une histoire peu connue. La ville de Montréal et le Québec sont les héritiers d'une histoire encore à concrétiser.

Le Conseil de La Famille, dans un esprit de bonne entente avec les communautés originaires, s'est, d'abord placé sous la protection du clan de l'ours du Conseil Traditionnel Mohawk de Kahnawake. Il a reconnu, ensuite, la validité et la sagesse du traité de paix, le Wampum à Deux Voies, le Tekeniteiohate. Le Conseil de La Famille a, alors, entrepris d'apprendre la Grande Loi de la Paix de la Confédération iroquoise, la Kaianerahserakowa et de la mettre en application.

Une vision claire de notre interrelation avec notre environnement, dans un contexte social et urbain, inclue dans sa perspective des réalités culturelles et historiques. La présence du peuple québécois sur le territoire des peuples autochtones, le rôle historique qu'a joué Montréal dans la Grande Paix de 1701 et le rôle que Montréal jouera dans le respect de la Déclaration de l'O.N.U. sur les droits des peuples autochtones, sont, ici, à considérer. Nos relations sociales et nos responsabilités individuelles en rapport avec la gestion et la protection des territoires, des espaces verts, de la faune et la flore, des terres agricoles et des cours d'eau sont des éléments non négligeables d'une vision de la ceinture verte et bleue du Grand Montréal, pour que les sept prochaines générations à venir puissent en bénéficier.

Montréal est riche d'une culture traditionnelle ancestrale en voie d'extinction. Elle doit s'en prévaloir. Nous avons un devoir de protéger nos racines amérindiennes, parce que la majorité d'entre nous, québécois et québécoise, avons une grand mère ou une arrière grand mère autochtone. Se priver de ces racines indigènes équivaudrait à se couper de notre lien avec la Terre-Mère, de se priver d'un héritage culturel essentiel et à oblitérer notre mémoire collective. L'identité québécoise serait à jamais indéfinnissable.

Dans l'avenir, Montréal sera appellée, dans le respect de la Grande Loi de la Paix, la Kaianerahserakowa et du traité de Paix, le Wampum à Deux Voies, le Tekenetehioate, à protéger et à promouvoir les cultures et les langues indigènes des peuples minoritaires. Et ainsi prêchant par l'exemple, et par extension, Montréal protègera et fera la promotion de la culture et de la langue québécoise.

La connaissance de notre interrelation avec notre environnement est l'apanage de nos sœurs et frères autochtones. Dans la tradition mohawk, l'observation et la célébration des cycles naturels de la Terre, avec, au Québec, l'ouverture des boisés, la coulée des érables suivi des semences et médecines, et du solstice, puis les fraises, les framboises et les bleuets, suivis des Trois Soeurs, le maïs, le haricot et la courge, et finallement la récolte, nous enseignent sur notre interelation avec les cycles de la création et de la croissance. La science naturelle indigène est le résultat de milliers d'années d'expérience. Chez nos hôtes mohawk, sa transmition se fait par la tradition orale, au travers de 13 cérémonies, qui ponctuent l'année. La préservation de notre environnement demande que nous soyons conscient que nous en faisons partie intégrante. Nous sommes les gardiens de nos forêts, nous sommes les yeux et les oreilles de la Terre et nous devons parler pour elle.

Il faut envisager que les nombreux interressés ont droit et devoir d'agir sur leur environnement et par conséquent ils doivent pouvoir faire parti intégrante du processus de consultation, de décision et d'intervention. Mais pour citer Paul Chomedey de Maisonneuve ''Je suis choqué et je m'oppose à l'augmentation considérable des gratifications des gouverneurs et surintendants de Québec.... Il est hors de tout doute qu’aussi longtemps que le profit constituera le seul mobile de ceux qui partent pour la Nouvelle-France, il n’y aura pas d’espoir d’établissement durable en Amérique du Nord. Ce sera la guerre des commerçants contre les monopoles et la contrebande va s’exercer à plein''. Alors pour nous préserver de la corruption et des intérêts particuliers, il est important de corriger notre processus démocratique qui favorise les ''gouverneurs et leurs surintendants du Québec'', afin que par le processus du conseil, nous arrivions par concensus à trouver et à suivre le bon chemin.

Le Conseil de La Famille, devant le gros bon sens, vise donc :

  1. que le Conseil Traditionnel Mohawk soit consulté pour l'élaboration d'un plan de nettoyage, restauration et revitalisation de la ceinture verte et bleue du Grand-Montréal.

  1. que soit étudié et appliqué La Grande Loi de la Paix, la Kaianerahserakowa, principe unificateur qui amena les cinq nations iroquoises en guerre constante, à se constituer et à s'unir, pour que cette vision du Grand-Montréal de demain en soit une durable.

  1. que nous dotions Montréal d'une constitution inspirée de la constitution Iroquoise, comme le furent les Pères Fondateurs des États-Unies d'Amérique, qui établirait ses relations avec les municipalités incluses dans la ceinture verte et bleue, et avec les régions; et que dans le respect du traité de Paix, le Wampum à Deux Voies, le Tekenetehioate, nous puissions harmoniser et unir des visions qui sont diamétralement opposés, par exemple l'étalement urbain vis-à-vis la protection des espaces verts, ou vis-à-vis les municipalités voisines, ou dans la gestion des resssources agricoles et alimentaires autour et dans les villes.

  1. que soit établi des conseils permanents de consultations et de révisions pour que tous puissent délibérer de leur vision jusqu'à un concensus, pour que la grande vision d'une ceinture verte et bleue du Grand-Montréal puissent grandir et évoluer au cours des générations à venir.

  1. que soient aménagés des lieux d'enseignement et de diffusion des cultures autochtones en lien avec la Terre et ses cycles, dont des maisons longues, des jardins de plantes médicinales et des jardins traditionnels.

Montréal, demain, se souviendra de la graine de senevé qui fut planté jadis par Jeanne Mance et Paul Chomedey de Maisonneuve. Cette graine est devenue un grand arbre. Ses racines françaises et indigènes s'étendent maintenant avec ses greffons, au nord, au sud, à l'est et à l'ouest. Éloignons la hâche qui menace nos racines. Nourrissons le terreau et entretenons nos jardins afin que l'arbre enfin fleurrisse et donne du fruits en abondance.

Yvan Bombardier

 coordonnateur

Conseil de La Famille

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