S.O.S Poigan 2012

S.O.S. Poigan

le 24 Aout 2012

  Il y a eu une manifestation sur le mont Royal le vendredi 24 Août à midi organisée par SOS Poigan pour protéger la forêt québécoise à commencer par le territoire de la famille Wawatie dans le parc de La Vérendrye

sos poigan marche du 22 Août 2012



sos poigan August 24, 2012



La Kokom (la Grand-Mère) accepte que Jacob, son neveu, parle au chef d'équipe de la compagnie forestière, au sergent de la SQ  et à l'agent de conservation de la nature qui les filme. Elle annonce, à ces derniers, que Jacob, veut leur montrer quelque chose. Celui-ci s'approche, tenant délicatement une petite perdrix sur un bout de tissu blanc. « Les travailleurs ne voient pas ce qui se passe ici ». Il    s'agenouille en posant la petite perdrix par terre.

« Ceci est un bébé oiseau. Chaque fois que vous faites tomber un arbre, vous ne voyez pas ceci. C'est pourquoi je voulais parler aux bucherons, pour qu'ils puissent voir ce qu'ils sont en train de faire. Il y a des orignaux qui courent autour d'ici, effrayés, jour et nuit. Il y a un petit ours qui court sans sa mère.

Ceci est notre vie. C'est à ceci que nous croyons. C'est la raison pour laquelle nous tentons de négocier quelque chose. Nous ne parlons pas à travers notre chapeau. (Montrant l'oiseau). Voilà la raison.

Combien de nids avez-vous jetés par terre cet été? Prenez-vous ceci en considération? Combien d'autres animaux avez-vous chassés de ce territoire? Alors, qu'est-ce que nous allons avoir à manger? Qu'est-ce que nous allons pouvoir montrer à nos enfants? Voilà pourquoi nous tentons de faire quelque chose.
Ce n'est pas parce que nous sommes contre le système. Ce n'est pas parce que nous sommes contre vos bucherons. C'est que nous voulons, c'est vous rendre conscients de la situation, d'introduire cela dans la conscience de l'industrie forestière, du gouvernement et de vous qui représentez la justice, supposément.

Maintenant, vous comprenez notre position. Vous voyez notre but, notre rêve. Le territoire de mon oncle est buché à 80 % et ils vont tenter d'en couper encore? Sans compensation? Qu'allons-nous faire? Sommes-nous déracinés du système? Nous n'avons pas de voix? Est-ce bien ça votre démocratie pour rendre possible d'écraser les petites gens? Cela fait mal, non simplement à moi, mais à toutes les créatures du territoire. Les rivières sont dérangées. Que faites-vous aux poissons? Les animaux qui se déplacent la nuit, ils n'ont pas le temps de dormir. Voilà ce qui fait mal.

Alors si vous voulez continuer, allez-y et arrêtez mes tantes. Arrêtez les gens. Mais vous voyez ce que nous faisons, ce pour quoi nous résistons. » Jacob est encore agenouillé.



Nous devons nous mobiliser pour arrêter la déforestation massive par l'industrie forestière dans Poigan, l'un des endroits les plus spectaculaires au Québec, située dans la réserve faunique du Parc de La Vérendrye. Depuis le début de Juillet, Resolute Forest Products détruit non seulement les terres ancestrales des Algonquins, mais aussi l'habitat naturel de nombreuses espèces animales dont certai 
nes sont menacées d'extinction, y compris la salamandre tachetée. Le temps est venu d'agir!

Nous représentons un groupe d’Algonquins qui pratiquent un mode de vie traditionnel dans le parc de La Vérendrye (ils se nomment eux-mêmes des Anishnabe, Algonquins étant une désignation utilisée par les non-autochtones). Leurs territoires familiaux, qu’ils se répartissent et se transmettent depuis des temps immémoriaux selon leur propre droit coutumier, est dévasté actuellement par les coupes forestières de la compagnie PF Resolu, autrefois Abitibi Bowater.

La famille Wawatie accueille depuis quelques années d’autres familles anishnabe dont les territoires ont déjà été coupés. Poigan est le nom du territoire traditionnel de la famille Wawatie. C’est un site d’une grande beauté, qui sert littéralement de garde-manger pour ces familles qui sont par ailleurs démunies. Ce territoire sert également à l’enseignement et à la transmission du savoir traditionnel à un endroit appelé Kokomville. Il s’agit d’un véritable drame humanitaire pour l’une des populations les plus pauvres du Québec qui tire toujours son principal moyen de subsistance de la forêt.

Nous avons tenté de nous opposer à ces coupes devant la Cour supérieure, jusqu’ici sans succès. Nous avons formé avec quelques amis un groupe de solidarité à Montréal appelé SOS Poigan. Nous préparons une conférence de presse et une manifestation le 24 août sur le Mont-Royal. Notre objectif est l’interdiction complète des coupes forestière dans le parc de La Vérendrye et la mise en place d’une cogestion du parc avec les Anishnabe.

1.       Lors d’une audience devant une juge de la Cour supérieure de Montréal le 6 août dernier, nous avons tenté sans succès de nous opposer à une injonction obtenue par la compagnie forestière PF Resolu (anciennement Abitibi Bowater). Selon certaines informations, PF Resolu appartiendrait maintenant au groupe Carlyle, dont la famille Bush des USA est l’un des principaux actionnaires.  Le cabinet d’avocats qui représente la compagnie est l’un des plus importants de Montréal. Il recevrait des sommes colossales d’honoraires chaque année pour ce dossier et dispose de ressources impressionnantes. De notre côté, nous représentons les Algonquins bénévolement. Or, le groupe de solidarité du lac Barrière s’est mis du côté de la compagnie forestière devant le tribunal.  Plusieurs témoins pourraient en attester. C’est pourquoi nous avons formé SOS Poigan, un véritable groupe de solidarité avec les activités traditionnelles du peuple algonquin.

2.       L’injonction a été renouvelée jusqu’au 10 septembre. Nous avons l’intention de contester à nouveau sa prolongation à ce moment. Nous voulons nous servir de ce litige pour unir les Algonquins traditionnels dans un premier temps, et éventuellement tous les Algonquins.

3.       Une coalition de groupes écologistes a donné une conférence de presse cette semaine et a déploré la faiblesse de la protection de la forêt québécoise. Il me semble que la protection de la forêt québécoise doit commencer par les parcs provinciaux et qu’il est anormal que les coupes forestières soient permises dans ces parcs. Nous demandons l’appui de ces groupes.

4.       L’entente tripartite est lettre morte depuis 1996 et le gouvernement fédéral actuel ne veut plus en entendre parler. Il est très peu réaliste de prétendre la ressusciter. Nous préférons nous tourner vers l’avenir en demandant une interdiction des coupes forestières dans le parc de La Vérendrye et l’ensemble des parcs provinciaux, de même que la cogestion du parc de La Vérendrye avec les deux réserves algonquines qui s’y trouvent, le Lac Barrière et Kitcisakik.  Rappelons qu’il s’agit de la Première Nation la plus démunie au Québec, et que nous parlons ici du Tiers-Monde québécois, une réalité scandaleuse qui a fait l’objet du documentaire de Richard Desjardins appelé Le peuple invisible.

5.       Il y aura une manifestation sur le mont Royal le vendredi 24 mars à midi organisée par SOS Poigan pour protéger la forêt québécoise à commencer par le territoire de la famille Wawatie dans le parc de La Vérendrye. La famille Wawatie abrite depuis quelques années d’autres familles traditionnelles qui vivent toute l’année dans la forêt et en tirent toujours leurs  principaux moyens de subsistance. Ces autres familles ont dû se réfugier sur le territoire de la famille Wawatie parce que leurs territoires ont déjà été dévastés par PF Resolu.

 

Il s’agit d’une des pires violations des droits humains au Québec. Si les Algonquins sont divisés, c’est que plusieurs d’entre eux croient que la lutte est inutile ou entraîne trop de compromis inacceptables. Il faut leur démontrer que la justice existe toujours au Québec envers et contre les gouvernements Charest et Harper et l’industrie forestière.

 

Poigan est un site d’une grande beauté qui sert aussi depuis longtemps à la transmission de la culture traditionnelle.  Aucune compensation monétaire, la seule qu’envisagent les tribunaux québécois,  ne pourrait combler la perte de cet endroit.


N.B. Lucien Wabanonik n’est plus le grand chef des Algonquins. Il a été remplacé par Alice Jerome.

 


 

 


Vidéo YouTube


Comments